S’il l’on se réfère à la récente analyse annuelle de l’agence de notation Standard and Poor’s, le cadre du recours à l’emprunt semble posé pour la fin du mandat en cours : une oscillation, à la marge, entre le niveau de 2017 (14 Mds€) et une estimation d’une quinzaine de milliards pour 2018 et 2019.
Face à cette anticipation, une concurrence bancaire qui sera nécessairement vive puisque les banques sont encore sur-liquides tant que les taux courts demeureront en territoire négatif, et un secteur du financement public et « para-public » en pleine ébullition.
La Cour des Comptes a récemment posé la question de la logique et de la pertinence du montage SFIL/CAFFIL/LBP. Le Ministère des Finances souhaite un rapprochement entre la CDC et LBP. Quelles que soient les solutions qui seront poussées par le Gouvernement, une chose parait sûre : LBP devrait conforter sa position et son action commerciale tout en profitant des meilleures ressources du marché, les moins chères au travers des émissions de CAFFIL et les plus longues grâce aux fonds d’épargne et à la collecte du Livret A.
Face à elle, toutes les autres banques (dont l’Agence France Locale) et les institutionnels devront se battre pour maintenir ou augmenter leurs encours en fonction de leurs stratégies respectives et avec leurs propres armes.
L’Agence France Locale dispose de la meilleure signature après CAFFIL et la CDC, lui permettant de s’assurer des ressources de marché au vrai prix, et sa structure, légère, n’impacte que peu le prix de son intermédiation.
Les banques mutualistes (dont il faut souligner qu’elles sont régionales et indépendantes) sont capables de s’adapter au marché en fonction de leur appétence pour tel ou tel secteur et donc de
faire varier le prix de revient de leurs ressources.
Les banques de niche (souvent étrangères) sont aussi mobiles et savent coller au marché.
Les grands réseaux dépendent de la conviction des équipes dédiées pour convaincre leurs dirigeants de l’intérêt de se maintenir sur le secteur public et de créer des enveloppes à distribuer à prix « cassé ».
Le risque dans tout cela, une remontée nette des taux longs et la tentation d’un retour à des outils d’ingénierie financière pour limiter le niveau des frais financiers pour les uns et retrouver des marges pour les autres.
Cela ne vous rappelle rien ?